{"id":117,"date":"2016-04-30T21:47:17","date_gmt":"2016-04-30T21:47:17","guid":{"rendered":"http:\/\/ordremartinistedespaybas.org\/?page_id=117"},"modified":"2020-02-15T19:04:48","modified_gmt":"2020-02-15T19:04:48","slug":"jacob-boehme","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/ordremartinistedespaysbas.org\/cameroun\/jacob-boehme\/","title":{"rendered":"Jacob Boehme"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/ordremartinistedespaysbas.org\/cameroun\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2020\/02\/Boehme-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-472 alignleft\" src=\"https:\/\/ordremartinistedespaysbas.org\/cameroun\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2020\/02\/Boehme-3.jpg\" alt=\"\" width=\"207\" height=\"244\" \/><\/a>Jacob Boehme, n\u00e9 en 1575 et parfois appel\u00e9 le th\u00e9osophe de Gorlitz ou le th\u00e9osophe teutonique, eut une vie s\u00e9culi\u00e8re tout \u00e0 fait simple et repr\u00e9sentative du milieu ouvrier du 16e si\u00e8cle.\u00a0 Les quelques rares informations connues sur sa vie historique nous apprennent qu\u2019il fut simplement un cordonnier et commer\u00e7ant prosp\u00e8re, qu\u2019il s\u2019est mari\u00e9 \u00e0 24 ans et qu\u2019il fut un bon p\u00e8re de famille pour ses quatre fils.\u00a0 Cependant, m\u00eame si on le prend souvent pour un simple cordonnier, parfois m\u00eame inculte, il fit de bonnes \u00e9tudes et grandit dans un milieu familial o\u00f9 son p\u00e8re avait des liens avec des cercles d\u2019intellectuels et de th\u00e9ologiens de son temps.<\/p>\n<p>Chr\u00e9tien et fid\u00e8le lecteur de la bible (son \u0153uvre est d\u2019ailleurs remplie de citations bibliques), il aurait \u00e9t\u00e9 amen\u00e9, par les luttes et multiples disputes th\u00e9ologiques du milieu luth\u00e9rien dont il \u00e9tait issu, pouss\u00e9 et d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 s\u2019\u00e9loigner de ces querelles pour chercher la v\u00e9rit\u00e9 par la pri\u00e8re et en demandant au Seigneur d\u2019illuminer son esprit.\u00a0 Il se d\u00e9crira lui-m\u00eame plus tard comme\u00a0un brillant, p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de l\u2019enseignement, mais insatisfait de ce que l\u2019\u00c9glise lui am\u00e8ne.<\/p>\n<p>Si nous laissons de c\u00f4t\u00e9 la premi\u00e8re vision pr\u00e9paratoire, dite de <em>la montagne creuse<\/em>, c\u2019est en l\u2019ann\u00e9e 1600 que Boehme re\u00e7ut sa premi\u00e8re grande vision et illumination en regardant le reflet d\u2019un rayon de soleil sur un pot d\u2019\u00e9tain.\u00a0 Cette vision le laissa sept jours muet de stup\u00e9faction et, comme toutes les autres r\u00e9v\u00e9lations, le renversa compl\u00e8tement puisqu\u2019elle \u00e9tait aussi surprenante pour lui que pour les autres.\u00a0 Il l\u2019a d\u00e9crit comme\u00a0ayant en un instant vu le commencement et la fin de chaque chose et l\u2019engendrement de la Trinit\u00e9[1].\u00a0 Il dit\u00a0aussi avoir vu: \u00ab\u00a0la naissance de la vie au milieu des morts et \u00e0 la r\u00e9surrection.\u00a0 Et dans cette lumi\u00e8re mon esprit \u00e0 tout de suite vu \u00e0 travers toutes choses, et dans toutes les cr\u00e9atures, et aussi bien l\u2019herbe et dans tout ce qui pousse, a reconnu Dieu\u00a0: ce qu\u2019il est et comment il est, et quelle est sa volont\u00e9\u00a0\u00bb[2].<\/p>\n<p>En 1610, une autre r\u00e9v\u00e9lation lui vient et le bouleverse tellement qu\u2019il se remet \u00e0 l\u2019\u00e9criture.\u00a0 Cependant, Boehme exp\u00e9rimente en premier lieu et tente en second lieu d\u2019\u00e9crire la connaissance infuse qui lui arrive comme don du ciel.\u00a0 Ces \u00e9crits donnent non seulement des enseignements litt\u00e9raires, mais aussi des outils op\u00e9ratifs pour entrer dans la r\u00e9v\u00e9lation qu\u2019il a v\u00e9cue.\u00a0 Comme toute illumination mystique est difficile \u00e0 transposer en une pens\u00e9e structur\u00e9e, Boehme n\u00e9cessita plus de 2 ans pour se sentir enfin capable de saisir la r\u00e9v\u00e9lation et de l\u2019exprimer dans son livre <em>Aurora<\/em> traduit par Saint-Martin sur le nom de <em>l\u2019aurore naissante<\/em>.\u00a0 Ce premier livre toucha principalement le domaine de l\u2019histoire de la cr\u00e9ation et de la chute de Lucifer.\u00a0 En 1613, soit seulement quelques mois apr\u00e8s la parution du livre, de virulentes attaques du clerg\u00e9 de la ville l\u2019accusent de blasph\u00e8me.\u00a0 Boehme, n\u2019\u00e9tant pas sectaire et n\u2019ayant jamais voulu fonder de religion nouvelle, cesse d\u2019\u00e9crire ayant comme pens\u00e9e que l\u2019autorit\u00e9 \u00e9tant aussi divinement \u00e9tablie, il se doit de la respecter.\u00a0 Il commencera ainsi ce qu\u2019il nomme son Sabath d\u2019\u00e9crire.<\/p>\n<p>En janvier 1619, il eut une autre illumination.\u00a0 Il n\u2019y tient plus et d\u00e9fie l\u2019autorit\u00e9 en \u00e9crivant et publiant 3 ouvrages qui sortirent au court de l\u2019ann\u00e9e.\u00a0 Le plus connu de ces \u0153uvres consistant en son deuxi\u00e8me livre\u00a0d\u00e9crivant les 3 principes de l\u2019essence divine, l\u2019histoire d\u2019Adam et de l\u2019humanit\u00e9.\u00a0 Le cercle des lecteurs et adeptes cro\u00eet rapidement.\u00a0 \u00ab\u00a0Les lettres th\u00e9osophiques de Jacob Boehme nous montrent bien la nature de ce groupement.\u00a0 Ce fut une esp\u00e8ce de soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te comme il en eut tant \u00e0 cette \u00e9poque\u00a0\u00bb[3].<\/p>\n<p>En 1620, dans son livre <em>Sex Puncta Mystica<\/em>, il poursuit son \u0153uvre et on y retrouve les explications sur\u00a0:<\/p>\n<ol>\n<li style=\"font-weight: 400; text-align: left;\">Du sang et de l&#8217;eau<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400; text-align: left;\">L&#8217;\u00e9lection de la gr\u00e2ce<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400; text-align: left;\">Du bien et du mal<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400; text-align: left;\">Le p\u00e9ch\u00e9<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400; text-align: left;\">Comment le Christ rendra Royaume \u00e0 son P\u00e8re<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400; text-align: left;\">La magie<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400; text-align: left;\">Le myst\u00e8re<\/li>\n<\/ol>\n<p>Finalement, plusieurs autres \u0153uvres vinrent par la suite dont en 1623, le <em>mysterium magnum<\/em>, son \u0153uvre principale.<\/p>\n<p>Le reste de la vie de Jacob Boehme se trouva \u00eatre un combat contre le clerg\u00e9 de sa ville et en particulier contre le pasteur Gregorius Richter qui en 1624 parvint \u00e0 convaincre les magistrats de la ville de demander \u00e0 Boehme \u00ab\u00a0d\u2019aller planter sa tente ailleurs\u00a0\u00bb.\u00a0 Jacob Boehme mourut la m\u00eame ann\u00e9e.\u00a0 Gorlitz prit plus de deux si\u00e8cles avant de reconna\u00eetre son \u0153uvre et de lui \u00e9riger un monument.<\/p>\n<p>Boehme cr\u00e9a un courant th\u00e9osophique qui nourrit l\u2019\u00e9sot\u00e9risme chr\u00e9tien, au-del\u00e0 de l\u2019\u00c9glise, mais dont l\u2019Amour est \u00e0 la base comme \u00e0 la fin de toutes choses.\u00a0 Son \u0153uvre est importante et a une dimension universelle qui d\u00e9passe le temps[4]. \u00a0Il ne faut donc pas se surprendre que, de m\u00eame que les th\u00e9osophes classiques qui vinrent par la suite, il avait au d\u00e9part un esprit fortement religieux et une libert\u00e9 de pens\u00e9e qui d\u00e9rangeait.<\/p>\n<p>Toute la th\u00e9osophie de Jacob Boehme s\u2019articule autour d\u2019un grand th\u00e8me de la mystique chr\u00e9tienne\u00a0:\u00a0 La naissance de Dieu dans l\u2019\u00e2me humaine.\u00a0 Son grand probl\u00e8me, qui domine toute sa pens\u00e9e, est le probl\u00e8me du mal et des rapports entre Dieu et le monde.\u00a0 La recherche d\u2019une explication au mal dans un Dieu immanent et bon conduit Boehme \u00e0 une triple intuition m\u00e9taphysique\u00a0: l\u2019intuition d\u2019une libert\u00e9 s\u2019incarnant dans l\u2019\u00eatre, celle de l\u2019esprit s\u2019exprimant par le corps et celle de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une lutte et de l\u2019opposition des contraires, du bien et du mal en toute chose, dont la synth\u00e8se constitue la vie.\u00a0 L\u2019esprit domine la nature qui l\u2019enfante et la vie domine la mati\u00e8re qu\u2019elle vivifie.\u00a0 En ce sens, l\u2019homme deviendra de plus en plus la cl\u00e9 du monde.<\/p>\n<p>L\u2019homme est le gage de la possibilit\u00e9 d\u2019atteindre \u00e0 une connaissance parfaite de Dieu, et de le conna\u00eetre \u00e0 la fois dans la nature par laquelle il s\u2019exprime et dans l\u2019\u00e2me o\u00f9 il habite.\u00a0 Car nous n\u2019arriverons \u00e0 conna\u00eetre Dieu qu\u2019en tant qu\u2019il se manifeste dans la nature et par la cr\u00e9ature (ce qui n\u2019est pas Dieu Lui-m\u00eame).\u00a0\u00a0 Pour Boehme, Dieu poss\u00e8de une \u00e2me et un corps (la nature), il est \u00e0 la fois dans la nature et dans le monde, il est, en un certain sens, la nature et le monde, mais aussi la source de ses qualit\u00e9s.\u00a0 L\u2019homme est une cr\u00e9ature \u00e9ternelle et une synth\u00e8se plus profonde et plus riche que les anges, il est le microcosme.\u00a0 Chaque personne humaine est le reflet et une repr\u00e9sentation de Dieu; donc il ne peut jamais d\u00e9finitivement \u00eatre perdu. \u00a0Il peut toujours se convertir et obtenir son Salut puisque chacun d\u00e9termine lui-m\u00eame son sort et, s\u2019il le veut, le retour \u00e0 Dieu se fait par la seconde naissance o\u00f9 renaissent dans l\u2019\u00e2me, l\u2019esprit et l\u2019image de Dieu.<\/p>\n<p>Pour aller plus profond\u00e9ment dans sa cosmogonie th\u00e9osophique, il faut savoir que \u00ab\u00a0Boehme conjugue le mythe et le myst\u00e8re chr\u00e9tiens et le myst\u00e8re du Christ, de sa Passion, de sa mort et de sa r\u00e9surrection est au c\u0153ur de sa th\u00e9osophie. \u00bb[5] Chez Boehme, il existe tout d\u2019abord un monde arch\u00e9typal, une nature sup\u00e9rieure cach\u00e9e sous l\u2019apparence de notre nature p\u00e9rissable[6].<\/p>\n<p>Boehme fait la d\u00e9couverte de cette union vitale avec l\u2019aspect f\u00e9minin de Dieu, la substance fondatrice de toute l\u2019histoire de la g\u00e9n\u00e9ration du Verbe et de Dieu Lui-m\u00eame.\u00a0 Par cette vision, il se rapproche de la pens\u00e9e des P\u00e8res grecs n\u00e9o-platoniciens entre autres avec la divine t\u00e9n\u00e8bre de Denis L\u2019ar\u00e9opagite et de la pens\u00e9e de Plotin, car pour qu\u2019une pens\u00e9e puisse se penser, il lui faut un corps pour se voir elle-m\u00eame.\u00a0 En ce sens, la vision de Boehme est tr\u00e8s plotinienne[7].\u00a0 Son <em>Ungrund<\/em>, son <em>sans fond<\/em>, est l\u2019inconnaissable puisqu\u2019on ne peut penser la pens\u00e9e que par le corps qu\u2019on lui donne et il est impossible de penser ce qui est la pens\u00e9e elle-m\u00eame puisqu\u2019elle pr\u00e9c\u00e8de la capacit\u00e9 de se penser.\u00a0 L\u2019image et la conception que nous faisons de Dieu sont donc \u00e9loign\u00e9es de la r\u00e9alit\u00e9 de la divinit\u00e9.\u00a0 Boehme dira que Dieu est un amour qui cherche \u00e0 \u00eatre aim\u00e9 et un \u0153il qui cherche \u00e0 se voir[8], l\u2019obligeant \u00e0 se cr\u00e9er Lui-m\u00eame.\u00a0 Et ce faisant, il place l\u2019existence d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration de la Trinit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019originalit\u00e9 de la th\u00e9osophie de Boehme\u00a0est qu\u2019elle ne se contente pas d\u2019une d\u00e9finition de la Trinit\u00e9, elle d\u00e9crit un ab\u00eeme duquel la Trinit\u00e9 na\u00eet.\u00a0 La divine Sophia est le manteau dans lequel l\u2019\u00e9ternel s\u2019est envelopp\u00e9 pour se manifester.\u00a0 Boehme per\u00e7oit en elle, l\u2019\u00e9l\u00e9ment pur (la Sophia) du chaos originel.\u00a0 Il inclut cet \u00e9l\u00e9ment f\u00e9minin comme une quatri\u00e8me personne dans la Trinit\u00e9, comme une matrice primordiale au masculin, ce que l\u2019\u00c9glise refuse totalement et qui passe tr\u00e8s mal du point de vue th\u00e9ologique de son temps.<\/p>\n<p>Pour se voir Lui-m\u00eame, Dieu cr\u00e9a les deux principes de toutes choses, soit\u00a0: les T\u00e9n\u00e8bres et la Lumi\u00e8re.\u00a0 De prime abord, cette pens\u00e9e pourrait para\u00eetre manich\u00e9enne, cependant, \u00ab\u00a0si pour les manich\u00e9ens ces deux principes sont \u00e9ternels, pour lui ils ont un commencement [et] Dieu, qui est la parfaite transcendance, est sans commencement, sans fondement\u00a0\u00bb[9] ; sans commencement ni fin de par sa Sophia.\u00a0 Dans cette \u00e9ternit\u00e9 immobile \u00e0 deux principes na\u00eet une volont\u00e9 qui pousse l\u2019Un \u00e0 sortir de Lui-m\u00eame et se r\u00e9v\u00e9ler en s\u2019ext\u00e9riorisant dans sa cr\u00e9ation[10]\u00a0:\u00a0 le troisi\u00e8me principe, notre monde, compos\u00e9 des deux premiers principes.<\/p>\n<p>La nature \u00e9ternelle est une \u00e2me universelle, elle est l\u2019\u00e2me \u00e9ternelle au sein de laquelle Dieu s\u2019engendre pour na\u00eetre dans un corps glorieux qui est l\u2019incarnation de la forme humaine [\u2026] et lorsque Dieu s\u2019engendre dans une \u00e2me, cette \u00e2me devient son corps.\u00a0 C\u2019est pourquoi la nature \u00e9ternelle, au terme de son d\u00e9veloppement, est le corps de Dieu[11].<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, la structure ternaire et sept\u00e9naire est la base de la th\u00e9osophie de Boehme.\u00a0 Elle vient non pas de d\u2019autres th\u00e9ories, mais de sa propre exp\u00e9rience mystique.\u00a0 De la Sophie viendra la loi des trois\u00a0: inspir\u00e9 de la Trinit\u00e9.\u00a0 Le premier principe est la source des T\u00e9n\u00e8bres, le second la puissance de la Lumi\u00e8re qui s\u2019incorpore et le troisi\u00e8me la g\u00e9n\u00e9ration des mondes.\u00a0 Les trois <em>sans fond<\/em> de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 qui s\u2019engendrent en soi-m\u00eame.\u00a0 C\u2019est lorsque le second principe, sous forme de Lumi\u00e8re, entre dans le troisi\u00e8me que la cr\u00e9ation se fait, il faut donc que le troisi\u00e8me arrive avant le deuxi\u00e8me, du moins lors de la cr\u00e9ation.\u00a0 Par la suite, la loi sept\u00e9naire engendre les mondes et les qualifie par ses 7 qualit\u00e9s[12].<\/p>\n<p>Pour Boehme, ce qui importe c\u2019est une bonne vie et non une bonne doctrine, car pourvu que la foi soit sinc\u00e8re, chacune peut mener au salut.\u00a0 La v\u00e9ritable \u00c9glise est l\u00e0 o\u00f9 est l\u2019amour et la libert\u00e9, et Dieu a des fid\u00e8les et des enfants dans toutes les religions.\u00a0 Les deux livres importants du savoir sont\u00a0: <em>Le livre de la nature<\/em> et <em>Le livre de l\u2019Homme<\/em>.\u00a0 Sa th\u00e9osophie sera appr\u00e9ci\u00e9e par nombre de philosophes, dont Hegel et Schelling, et reprise par la majorit\u00e9 des th\u00e9osophes dont Saint-Martin et Gichtel qui fut son premier disciple.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><u>Dieu et sa Sophia selon Boehme<\/u><\/p>\n<p>L\u2019approche th\u00e9ogonique de Boehme ne signifie pas que Dieu ait connu un commencement ou une fin dans le temps ou dans l\u2019espace.\u00a0 Pour Boehme, Dieu n\u2019est provenu ni engendr\u00e9 de rien, il est l\u2019espace incompr\u00e9hensible qui n\u2019a pas de borne, ni circonscription, densit\u00e9 ou temps.\u00a0 Il est le tout et le rien, sans rien avant ni apr\u00e8s Lui.\u00a0 Il est un esprit dans lequel r\u00e9sident toutes puissances, mais, qui dans la non-manifestation, celles-ci ne sont ni bonnes ni mauvaises, mais simplement divines.\u00a0 Il poss\u00e8de en Lui toutes les qualit\u00e9s comme une seule et m\u00eame qualit\u00e9 qui peut tout et qui ne peut jamais \u00eatre alt\u00e9r\u00e9e, car il n\u2019y a r\u00e9ellement aucune diff\u00e9rence en Dieu, et m\u00eame si la multitude vient de son essence, tout est Un.<\/p>\n<p>Dieu est aussi le commencement et la fin de toutes choses, il laisse de toute \u00e9ternit\u00e9 sortir de Lui tout ce qui existe, car le tout \u00e9ternel est venu de Lui par sa production de Lui-m\u00eame et hors de Lui rien n\u2019existe.\u00a0 Il est \u00ab\u00a0une seule et unique volont\u00e9 en laquelle l\u2019univers et toute la cr\u00e9ation sont renferm\u00e9s.\u00bb[13] \u00a0Cette \u00e9ternelle g\u00e9n\u00e9ration est tout et source de la nature \u00e9ternelle qui donne naissance \u00e0 la nature temporelle.\u00a0 Dieu n\u2019est pas la nature, mais il en est la puissance formatrice de son corps qui est aussi le sien.\u00a0 Puisque tout sort de Dieu et qu\u2019il est pr\u00e9sent en tout lieu, nous pouvons dire qu\u2019il contient toutes choses, mais que les choses ne le saisissent point.\u00a0 Il ne demeure pas dans les choses, mais dans leurs principes.\u00a0 Si on veut savoir o\u00f9 est Dieu, il faut \u00f4ter la Nature et la Cr\u00e9ature, et alors Dieu est le tout.<\/p>\n<p>Il a fait toute chose par son \u00e9ternelle Sagesse dans laquelle il r\u00e9side, car il est la force de l\u2019intelligence ou la volont\u00e9 de cette Sagesse.\u00a0 L\u2019<em>Ungrund<\/em> ou la Sophia de Boehme est l\u2019ind\u00e9termin\u00e9, l\u2019ab\u00eeme sombre qui pr\u00e9c\u00e8de l\u2019\u00eatre et qui est tout ce qui saurait \u00eatre exprim\u00e9.\u00a0 Elle est, comme Dieu\u00a0: sans lieu, \u00e9ternelle, incr\u00e9\u00e9e et non engendr\u00e9e car avant la cr\u00e9ation \u00ab il n\u2019y avait que le Grand Myst\u00e8re, o\u00f9 toutes les choses \u00e9taient renferm\u00e9es dans la Sagesse ou contemplation divine, o\u00f9 Dieu se voit comme dans un miroir\u00a0\u00bb[14] dans la Vierge-M\u00e8re du fondement \u00e9ternel.\u00a0 Elle est le n\u00e9ant qui est la divinit\u00e9 m\u00eame de Dieu, la Sagesse Une qui est le tout et qui existait d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019\u00e9ternit\u00e9.\u00a0 La Sophia est la matrice, la racine insaisissable et la source originelle de toutes les qualit\u00e9s.\u00a0 Dans sa chastet\u00e9 et sa puret\u00e9, elle est comme une image de Dieu en qui sont toutes les grandes merveilles sans nombre.\u00a0\u00a0 L\u2019image de toute chose est dans la Sagesse de Dieu et l\u2019\u00e9ternel miroir de la volont\u00e9 de Dieu conserve en elle la substantialit\u00e9 de toutes les essences dont Dieu mod\u00e8le tout ce qui existe dans son esprit et sa puissance.<\/p>\n<p>Dieu, dans la sagesse de la r\u00e9v\u00e9lation, \u00ab comprime le centre en engendreuse, lequel fait l\u2019\u00e9ternelle m\u00e8re de l\u2019engendreuse de l\u2019\u00eatre de tous les \u00eatres.\u00a0\u00bb[15] \u00a0Dans son astringence et son sans fond, elle attire \u00e0 elle le Verbe et repr\u00e9sente dans la lumi\u00e8re les myst\u00e8res de la profondeur de Dieu\u00a0;\u00a0 de l\u2019\u00e9ternelle g\u00e9n\u00e9ratrice muette du chaos sans fond viendra ainsi la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>Pour Boehme, la volont\u00e9 est une libert\u00e9 et le principe de toutes choses.\u00a0 Cette libert\u00e9 r\u00e9side dans la profonde Sagesse de la divinit\u00e9 et existait avant la divinit\u00e9.\u00a0 Boehme en dit\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019ind\u00e9termin\u00e9 divin existe dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9 avant la naissance de la divine Trinit\u00e9.\u00a0 Dieu s\u2019engendre, se r\u00e9alise \u00e0 partir du N\u00e9ant divin.\u00a0\u00bb[16] \u00a0Cette th\u00e9ologie apophatique montre la libert\u00e9 comme le potentiel de toute existence.\u00a0 La Libre Volont\u00e9 \u00e9tant l\u2019union entre Dieu et sa Sophia.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><u>La Trinit\u00e9 selon Boehme<\/u><\/p>\n<p>La Trinit\u00e9 de Boehme est en fait quadruple, car il y a\u00a0: le P\u00e8re, le Fils, le Saint-Esprit et la Sagesse.\u00a0 Dieu est triple, mais comme nous montre le signe de la croix, il y a 4 points dont la verticale est le Fils engendr\u00e9 par le P\u00e8re, et l\u2019horizontal une double M\u00e8re de la Sagesse \u00e9ternelle et de sa fille\u00a0: le souffle de l\u2019expansion de la cr\u00e9ation par l\u2019Esprit-Saint.\u00a0 Comme la Sophia \u00e9tait avec Dieu et que lorsqu\u2019il posa le fondement de la terre elle \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u0153uvre aupr\u00e8s de Lui, elle est aussi dans la sagesse de la Trinit\u00e9 dont elle ne peut rien faire sans le P\u00e8re, le Fils et le Saint-Esprit.<\/p>\n<p>Boehme n\u2019anthropomorphise pas les 3 personnes de la Trinit\u00e9.\u00a0 Pour lui, les 3 <em>per-sonna<\/em> repr\u00e9sentent les 3 moyens d\u2019expression distincts d\u2019un Dieu unique et aucune ne peut \u00eatre sup\u00e9rieur ou \u00e0 l\u2019origine de l\u2019autre.\u00a0 Il ne faut pas croire qu\u2019il y ait trois Dieux, mais une seule majest\u00e9 dont \u00ab\u00a0par-tout est la naissance du triangle en un seul \u00eatre\u00a0\u00bb[17].\u00a0 Toutes choses dans ce monde ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9es \u00e0 l\u2019imitation de cette Trinit\u00e9\u00a0: il y a la puissance d\u2019o\u00f9 provient le corps de toutes choses, ensuite le suc qui est le c\u0153ur de l\u2019\u00eatre et finalement une vertu qui permet la croissance et le maintien.\u00a0 La Trinit\u00e9 selon Boehme repr\u00e9sente ainsi les trois centres qui sont connus dans l\u2019\u00e9ternelle nature[18].<\/p>\n<p>Le P\u00e8re est plus pr\u00e9cis\u00e9ment la puissance et le royaume.\u00a0 \u00a0Le P\u00e8re EST, cependant il ne peut se conna\u00eetre sans son corps qu\u2019est la nature. \u00ab\u00a0Car si l\u2019\u00e9ternelle libert\u00e9 n\u2019engendroit point l\u2019essence de la nature, il n\u2019y auroit point de P\u00e8re, mais un rien\u00a0; mais d\u00e8s qu\u2019elle engendre l\u2019essence de la nature, l\u2019engendreur d\u2019o\u00f9 vient l\u2019engendr\u00e9 s\u2019appelle P\u00e8re.\u00a0\u00bb[19] \u00a0C\u2019est donc parce qu\u2019il compacte la volont\u00e9 dans l\u2019engendreuse de la nature d\u2019o\u00f9 proviennent tous les \u00eatres qu\u2019il est reconnu comme le p\u00e8re de la cr\u00e9ation.\u00a0 Tout est venu de Lui, en Lui et par Lui et demeure en Lui \u00e9ternellement, mais m\u00eame si nous pouvons voir la nature, la puissance du P\u00e8re d\u00e9passe notre entendement, car il n\u2019y a pas seulement le corps du P\u00e8re par la nature, mais aussi l\u2019essence du P\u00e8re c\u00e9leste.<\/p>\n<p>De Dieu le P\u00e8re avec sa Sophia, ou de son \u00e9ternelle Sagesse, sortit le Verbe de lumi\u00e8re et d\u2019amour.\u00a0 Le fils n\u2019est cependant pas autre ni hors Dieu le P\u00e8re.\u00a0 Il est dans le P\u00e8re, et le P\u00e8re l\u2019engendre pour devenir son c\u0153ur, sa lumi\u00e8re et son amour.\u00a0 Le P\u00e8re est Dieu de toutes les puissances, le Fils est l\u2019\u00e9clat de la lumi\u00e8re et le Verbe capable d\u2019engendrer l\u2019identit\u00e9.\u00a0 Si le Fils ne brillait pas dans le P\u00e8re, le P\u00e8re ne serait que t\u00e9n\u00e8bres dans une sagesse sans mesure et rien ne pourrait \u00eatre mis en existence, car la lumi\u00e8re est n\u00e9cessaire pour \u00e9clairer toutes les puissances du P\u00e8re.\u00a0 C\u2019est par le pouvoir du Fils que toutes les joies du P\u00e8re se d\u00e9ploient, car il produit en Lui la compr\u00e9hension et celle-ci fait la puissance de la Sagesse divine[20].<\/p>\n<p>Le Saint-Esprit sort du P\u00e8re et du Fils, il est l\u2019expansion active de la lumi\u00e8re de la volont\u00e9.\u00a0 Comme les 2 autres personnes de la Trinit\u00e9, il subsiste par Lui-m\u00eame\u00a0; m\u00eame s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas connu dans l\u2019origine du P\u00e8re avant la Lumi\u00e8re, il existait sous forme d\u2019une sagesse inexprim\u00e9e.\u00a0 Dieu a cr\u00e9\u00e9 le troisi\u00e8me principe pour pouvoir se manifester dans le monde mat\u00e9riel.\u00a0 C\u2019est le Saint-Esprit qui fera la formation et la configuration du sage plan en potentialit\u00e9 et qui est le chef d\u2019\u0153uvre de la cr\u00e9ation par l\u2019\u00e9manation, l\u2019expansion et le souffle de la puissance de Dieu.\u00a0 Cette fontaine, qui forme et caract\u00e9rise tout, est la matrice mat\u00e9rielle de la manifestation en \u00e9bullition.\u00a0 L\u2019Esprit-Saint est le formateur, le mouleur et le producteur de la nature, sans Lui le P\u00e8re ne serait qu\u2019un \u00e9ternel repos sans substance.\u00a0 Cette vie \u00e9l\u00e9mentaire consiste dans un bouillonnement de feu pour manifester les merveilles de la multiplicit\u00e9 duquel sort l\u2019\u00e9ternelle Sagesse de Dieu, et par lequel Dieu a cr\u00e9\u00e9 ce monde[21].\u00a0 Il est la vivante mobilit\u00e9 de la puissance du P\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><u>Le passage du non-\u00catre \u00e0 l\u2019\u00catre selon Boehme<\/u><\/p>\n<p>C\u2019est le P\u00e8re qui prononce le Verbe de lumi\u00e8re vers le bouillonnement de la double polarit\u00e9 du Saint-Esprit.\u00a0 La lumi\u00e8re rompt les portes des t\u00e9n\u00e8bres et le bouillonnement, qui \u00e9tait conserv\u00e9 dans les t\u00e9n\u00e8bres, sort de son centre pour former le cercle.\u00a0 La Volont\u00e9 de libert\u00e9 a \u00e9clair\u00e9 les t\u00e9n\u00e8bres ; le P\u00e8re a f\u00e9cond\u00e9 la M\u00e8re par son c\u0153ur de lumi\u00e8re qu\u2019est le Fils et c\u2019est l\u00e0 la seule cause de la mobilit\u00e9 et de la production.\u00a0 Ce qui accepta la lumi\u00e8re devint la cr\u00e9ation pour que Dieu puisse se voir Lui-m\u00eame, mais le reste des t\u00e9n\u00e8bres ne l\u2019ont pas comprise et ne l\u2019ont donc point re\u00e7u.\u00a0 La matrice astringente de notre monde n\u2019est pas hors de l\u2019\u00e9ternelle matrice, mais lorsque Dieu a mu la matrice par son Verbe, alors la matrice d\u00e9comprim\u00e9e a op\u00e9r\u00e9 et il en est sorti la manifestation non \u00e9ternelle dans laquelle brille l\u2019\u00e9ternelle Sagesse de la Sophia.\u00a0 Toutes choses, ou la nature de toutes choses, vivent et subsistent dans la circonscription de leur M\u00e8re, de laquelle \u00ab\u00a0tout se meut, et par les vertus de laquelle tout est form\u00e9 pour demeurer en elle \u00e9ternellement\u00a0\u00bb[22].\u00a0 Elle est le contenant du corps naturel de Dieu dans ce monde.\u00a0 Mais ce monde n\u2019est pas la Sagesse, mais qu\u2019une image de la Sagesse car\u00a0 \u00ab dans la Vierge de sa sagesse, l\u2019esprit de Dieu a d\u00e9couvert l\u2019image de Dieu, et le Verbe fiat l\u2019a cr\u00e9\u00e9e.\u00a0\u00bb[23]\n<p>La lumi\u00e8re donne \u00e0 tout dans ce monde la vie et l\u2019activit\u00e9 en sortant de la g\u00e9n\u00e9ration la plus int\u00e9rieure pour enflammer \u00e0 son tour la plus ext\u00e9rieure[24].\u00a0 La lumi\u00e8re du Fils doit \u00e9clairer la source bouillonnante de fa\u00e7on qu\u2019il y ait une connaissance et une compr\u00e9hension de sa substance.\u00a0 L\u2019omniscience du Verbe Fiat se jette alors \u00e0 la rencontre de l\u2019ind\u00e9termin\u00e9 et en produit toute diff\u00e9renciation de l\u2019unit\u00e9 pour voir la multiplicit\u00e9 de cette m\u00eame unit\u00e9[25].\u00a0 \u00c9clairant toutes les puissances, il les met en activit\u00e9 car enfin toutes les puissances \u00ab\u00a0se voient, se sentent, s\u2019entendent, s\u2019odorent et se go\u00fbtent les unes les autres dans la lumi\u00e8re[26]\u00a0et vont se lier de diverses mani\u00e8res pour cr\u00e9er la multiplicit\u00e9 et la manifestation.\u00a0 L\u2019astringence attire la lumi\u00e8re, mais la lumi\u00e8re d\u00e9sire aussi la substantialit\u00e9 sans quoi elle ne pourrait \u00eatre vue parce que sans substance, la lumi\u00e8re ne peut se voir dans le vide.<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que le bouillonnement de la pr\u00e9-manifestation\u00a0?\u00a0 Boehme explique que la M\u00e8re, qui est le Saint-Esprit, a en elle la force et les propri\u00e9t\u00e9s de toutes les cr\u00e9atures, car sa puissance vient de la puissance de la Sagesse.\u00a0 Dans ses t\u00e9n\u00e8bres non \u00e9clair\u00e9es, toute qualit\u00e9 est l\u2019une dans l\u2019autre comme n\u2019en faisant qu\u2019une et les 2 formes restent dans les t\u00e9n\u00e8bres tant que la volont\u00e9 naissance du bouillonnement n\u2019est pas.\u00a0 Cependant, chaque chose ne peut \u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9e que par une autre qui lui r\u00e9siste, \u00ab\u00a0la lumi\u00e8re ne peut se faire jour sans les t\u00e9n\u00e8bres, le bien ne peut \u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9 sans le mal, l\u2019esprit sans la r\u00e9sistance de la mati\u00e8re.\u00a0\u00bb[27] \u00a0C\u2019est la double polarit\u00e9 qui cr\u00e9\u00e9e le bouillonnement et les deux volont\u00e9s dans un seul \u00catre ne serait rien l\u2019une sans l\u2019autre, mais de la friction des qualit\u00e9s, des images et des formes inverses vient la cause de la vie et de la nature.\u00a0 Dans la nature, tout est contraire \u00e0 l\u2019autre, sans cette polarit\u00e9, il ne pourrait y avoir d\u2019existence dans la forme distincte\u00a0:\u00a0 ce qui est spirituel et invisible devint mat\u00e9riel et visible, car le bouillonnement des qualit\u00e9s et des propri\u00e9t\u00e9s mises au jour et dans le temps par la lumi\u00e8re de la conscience pr\u00e9sente les diff\u00e9rentes et infinies couleurs, vertus et puissances de la Sagesse de Dieu.\u00a0 Cependant, bien que le bien et le mal sont ici-bas pr\u00e9sents en toutes choses, autant dans les \u00e9l\u00e9ments que dans les cr\u00e9atures, le mal n\u2019existe pas en Dieu, car il n\u2019existe que dans la polarit\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 la cr\u00e9ation de la nature et de la cr\u00e9ature\u00a0;\u00a0 seulement dans l\u2019image manifest\u00e9e de Dieu et non en lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>La raison naturelle est donc un r\u00e9fl\u00e9chissement et une \u00e9manation de la Sagesse et du monde spirituel, elle est un reflet de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 pour permettre de se rendre visible.\u00a0 Car \u00ab avant la cr\u00e9ation, ce monde resta enferm\u00e9 dans l\u2019\u00e9ternelle sagesse, comme une invisible figure de l\u2019\u00e9ternit\u00e9, et \u00e0 la fin il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 comme un principe particulier, pour qu\u2019il p\u00fbt apporter en \u00eatre toutes ses merveilles et toutes ses \u0153uvres\u00a0\u00bb[28].\u00a0 Cependant, tout ce qui a un commencement a aussi une fin et la substance devenue saisissable aura aussi une mort et un retour \u00e0 l\u2019unit\u00e9 premi\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"tx-div full clearfix\" ><\/div><!-- end divider -->\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n[1] M. CAZENAVE.\u00a0 <em>Jacob Boehme<\/em>, Les vivants et les dieux\u00a0: symboles et religions, DVD, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[2] J. BOEHME.\u00a0 Aurore naissante, http:\/\/books.google.ca\/booksid=O2E7AAAAcAAJ&amp;printsec=frontcover&amp;hl=fr&amp;source=gbs_ ge_summary_r&amp;cad=0#v=onepage&amp;q&amp;f=false.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[3] A. KOYR\u00c9.\u00a0 <em>La philosophie de Jacob Boehme<\/em>, Troisi\u00e8me \u00e9dition, Paris, Librairie Philosophique, 1979, p. 50.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[4] M. CAZENAVE.\u00a0 <em>Jacob Boehme<\/em>, Les vivants et les dieux\u00a0: symboles et religions, DVD, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[5] Dictionnaire critique de l\u2019\u00e9sot\u00e9risme.\u00a0 Publi\u00e9 sous la direction de Jean Servier, Premi\u00e8re \u00e9dition, Paris, \u00c9ditions\u00a0PUF, 1998, p. 217.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[6] A. KOYR\u00c9.\u00a0 <em>La philosophie de Jacob Boehme<\/em>, Troisi\u00e8me \u00e9dition, Paris, Librairie Philosophique, 1979, p. 218.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[7] K. LACROSSE.\u00a0 <em>La philosophie de Plotin<\/em>,\u00a0 France, \u00c9dition PUF, 2003, 278 p.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[8] M. CAZENAVE.\u00a0 <em>Jacob Boehme<\/em>, Les vivants et les dieux\u00a0: symboles et religions, DVD, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[9] Dictionnaire critique de l\u2019\u00e9sot\u00e9risme.\u00a0 Publi\u00e9 sous la direction de Jean Servier, Premi\u00e8re \u00e9dition, Paris, \u00c9ditions\u00a0PUF, 1998, p. 218.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[10]\u00a0<em>Ibid<\/em>., p. 218.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[11] Dictionnaire critique de l\u2019\u00e9sot\u00e9risme.\u00a0 Publi\u00e9 sous la direction de Jean Servier, Premi\u00e8re \u00e9dition, Paris, \u00c9ditions\u00a0PUF, 1998, p. 219.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[12] M. CAZENAVE.\u00a0 <em>Jacob Boehme<\/em>, Les vivants et les dieux\u00a0: symboles et religions, DVD, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[13] J. BOEHME.\u00a0 <em>De l\u2019\u00e9lection de la gr\u00e2ce\u00a0: ou De la volont\u00e9 de Dieu envers les hommes<\/em>, Coll. S\u00e9bastiani, \u00c9dition\u00a0Sebastiani, 1976, p. 8.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[14]\u00a0<em>Ibid<\/em>., p. 56.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[15] J. BOEHME.\u00a0 <em>De la triple vie de l\u2019homme<\/em>, Traduit par Louis-Claude de Saint-Martin, Plan-de-la-tour, \u00c9ditions\u00a0d\u2019Aujourd\u2019hui, 1982, p. 58.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[16] J. BOEHME, Jacob.\u00a0 <em>Mysterium Magnum<\/em>.\u00a0 Premier volume,\u00a0<a href=\"http:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148bpt6k83951q\">http:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148bpt6k83951q<\/a>, p. 17.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[17] J. BOEHME.\u00a0 <em>De la triple vie de l\u2019homme.\u00a0 Op. cit., <\/em>p. 21.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[18]\u00a0<em>Ibid<\/em>., p. 120.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[19]\u00a0<em>Ibid<\/em>., p. 55.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[20] J. BOEHME.\u00a0 <em>De l\u2019\u00e9lection de la gr\u00e2ce\u00a0: ou De la volont\u00e9 de Dieu envers les hommes.\u00a0 Op. cit., <\/em>p. 12.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[21] J. BOEHME.\u00a0 <em>De la triple vie de l\u2019homme.\u00a0 Op. cit., <\/em>p. 58.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[22] J. BOEHME.\u00a0 <em>L\u2019aurore naissante\u00a0: ou, La racine de la philosophie de l\u2019astrologie et de la Th\u00e9ologie<\/em>, Traduit par\u00a0Louis-Claude de Saint-Martin sur l\u2019\u00e9dition d\u2019Amsterdam de 1682, Milan, \u00c9dition Sebastiani, 1972, p. 60.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[23] J. BOEHME.\u00a0 <em>De la triple vie de l\u2019homme.\u00a0 Op. cit., <\/em>p. 147.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[24] J. BOEHME.\u00a0 <em>L\u2019aurore naissante\u00a0: ou, La racine de la philosophie de l\u2019astrologie et de la Th\u00e9ologie.\u00a0 <\/em><em>Op. cit<\/em>., p. 309.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[25] J. BOEHME, Jacob.\u00a0 <em>Mysterium Magnum<\/em>.\u00a0 Deuxi\u00e8me volume, <a href=\"http:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k83951q\">http:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/ 12148\/bpt6k83951q<\/a>, p.\u00a0508.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[26] J. BOEHME.\u00a0 <em>Des trois principes de l\u2019essence divine.\u00a0 Op. cit., <\/em>p. 24.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[27] J. BOEHME, Jacob.\u00a0 <em>Mysterium Magnum<\/em>.\u00a0 Premier volume, <em>Op. cit<\/em>., p. 10.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[28] J. BOEHME.\u00a0 <em>De la triple vie de l\u2019homme.\u00a0 Op. cit., <\/em>p. 248.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jacob Boehme, n\u00e9 en 1575 et parfois appel\u00e9 le th\u00e9osophe de Gorlitz ou le th\u00e9osophe teutonique, eut une vie s\u00e9culi\u00e8re tout \u00e0 fait simple et repr\u00e9sentative du milieu ouvrier du 16e si\u00e8cle.\u00a0 Les quelques rares informations connues sur sa vie historique nous apprennent qu\u2019il fut simplement un cordonnier et commer\u00e7ant prosp\u00e8re, qu\u2019il s\u2019est mari\u00e9 \u00e0 [&hellip;]\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-117","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ordremartinistedespaysbas.org\/cameroun\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/117","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ordremartinistedespaysbas.org\/cameroun\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/ordremartinistedespaysbas.org\/cameroun\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ordremartinistedespaysbas.org\/cameroun\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ordremartinistedespaysbas.org\/cameroun\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=117"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/ordremartinistedespaysbas.org\/cameroun\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/117\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":474,"href":"https:\/\/ordremartinistedespaysbas.org\/cameroun\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/117\/revisions\/474"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ordremartinistedespaysbas.org\/cameroun\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=117"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}